Comment utiliser ce générateur de calligraphie arabe ?
Le générateur de calligraphie arabe ci-dessus transforme un texte arabe en image. Écrivez dans le champ du haut : l'aperçu se redessine à chaque lettre. Le texte peut tenir sur plusieurs lignes (touche Entrée) et compter jusqu'à 200 caractères, ce qui suffit pour un prénom, une formule ou un court verset.
Vous n'avez pas de clavier arabe ?
Trois solutions. La plus simple : cochez Saisie phonétique et tapez en lettres latines, comme sur notre clavier arabe phonétique, dont l'outil reprend exactement les règles : sh donne ش, kh donne خ, 3 donne ع, 7 donne ح. La conversion se fait lettre par lettre : salam donne سالام, alors que slam donne bien سلام. Écrivez donc les voyelles courtes seulement quand elles s'écrivent en arabe.
Deuxième solution : tapez votre texte avec le clavier arabe en ligne, puis copiez-le ici. Troisième : si vous avez déjà collé ou tapé du texte en lettres latines, le générateur le repère, l'indique sous le champ et propose un bouton Convertir en arabe qui applique la même conversion phonétique aux seuls passages latins.
Le générateur dessine des lettres arabes : un mot tapé en lettres latines resterait en latin dans l'image. Il ne traduit pas non plus le français vers l'arabe. Pour un prénom, voyez plus bas comment l'écrire correctement.
Choisir le style, les couleurs et la forme
Les boutons Style et police changent l'écriture. Les combinaisons de couleurs donnent un résultat immédiat : or sur noir, noir sur blanc, encre sur papier, or sur bleu nuit, rouge sur ivoire… Vous pouvez aussi choisir n'importe quelle couleur de texte et de fond, ou cocher Fond transparent pour poser la calligraphie sur une photo, une carte ou un tee-shirt. Le réglage Forme ajoute un double cadre rond ou carré, de la couleur du texte.
Taille, interligne, contour et ombre
La taille va de 40 à 240 pixels par ligne ; l'image exportée est dessinée deux fois plus grande, jusqu'à 4 096 pixels de côté. L'interligne écarte ou resserre les lignes : les écritures très verticales, comme le Nastaliq, demandent souvent un interligne plus grand. Le contour trace un liseré autour des lettres, dans la couleur de votre choix, et l'ombre portée ajoute du relief, utile pour une image posée sur un fond chargé.
Télécharger en PNG ou en SVG
Télécharger PNG enregistre l'image avec son fond. PNG fond transparent enregistre la même image sans fond, même si vous ne l'avez pas coché. Télécharger SVG produit un fichier vectoriel : le texte y reste du texte, et la police y est intégrée, si bien que l'image s'agrandit sans flou dans un navigateur, Inkscape ou un logiciel de découpe. Certains logiciels anciens ignorent les polices intégrées dans un SVG ; dans ce cas, utilisez le PNG.
Vos réglages et votre dernier texte sont gardés dans votre navigateur (stockage local) pour la prochaine visite. Rien n'est envoyé sur internet : le texte, l'image et les fichiers restent sur votre appareil.
Quels styles de calligraphie arabe propose le générateur ?
Un générateur en ligne ne remplace pas le calame d'un calligraphe : il assemble les lettres d'une police qui s'inspire d'un style. Nous indiquons donc toujours le style et la police, et nous ne prêtons pas à une police un style qu'elle n'imite pas.
| Style dans l'outil | Police | Ce qu'elle reprend |
|---|---|---|
| Naskh | Amiri | Le naskh des livres imprimés au Caire au début du XXe siècle (presse de Boulaq). |
| Naskh | Scheherazade New | Un naskh traditionnel, très complet pour les harakat. |
| Naskh de titrage | Mirza | Un naskh de texte avec ligatures, au trait plus marqué. |
| Naskh, touches de Thuluth | Katibeh | Un naskh d'affiche auquel ses auteurs ont donné quelques traits du thuluth. |
| Coufique (Kufi) | Reem Kufi | Le coufique ancien des corans, sur une grille fatimide. |
| Coufique de manuscrit | Qahiri | Le coufique de manuscrit régularisé au XXe siècle. |
| Ruqaa | Aref Ruqaa | La ruqʿa (roqaa), l'écriture manuscrite courante. |
| Ruqaa d'affiche | Rakkas | La ruqʿa des affiches de cinéma égyptiennes des années 1950-1960. |
| Nastaliq | Gulzar | Le nastaliq, ici dans sa forme ourdoue. |
| Lettrage d'affiche | Lalezar | Le lettrage des affiches de films iraniens des années 1960-1970. |
| Décoratif tracé main | Marhey | Un lettrage dessiné à la main, contrasté et ludique. |
Il manque trois grands styles, et nous préférons le dire : nous n'avons trouvé aucune police libre qui reproduise fidèlement le thuluth, le diwani ou le maghribi. Les sites qui affichent ces noms sur une police ordinaire vous vendent une étiquette. Pour une vraie pièce en thuluth ou en diwani, il faut un calligraphe.
سلام · حب · أمل · نور
Quels sont les grands styles de la calligraphie arabe ?
On classe souvent la calligraphie arabe en deux familles : les écritures anguleuses, dites coufiques, et les écritures cursives, plus arrondies. L'article Calligraphie arabe de Wikipédia précise que cette distinction est discutable sur le plan historique, car les deux ont longtemps coexisté. Voici les styles que l'on rencontre le plus.
Le coufique (kufi)
Associé à la ville de Koufa, en Irak, le coufique est l'une des plus anciennes formes de la calligraphie arabe. Ses lettres sont anguleuses et posées sur une ligne de base très horizontale. On le trouve dans les premiers corans sur parchemin, sur les monnaies et sur les monuments. Il a donné des variantes décoratives : coufique fleuri, coufique tressé, et coufique géométrique (ou carré), qui inscrit les mots dans une grille et sert de décor d'architecture.
Le naskh
Le naskh, « écriture qui sert à copier », est le style le plus répandu aujourd'hui : c'est celui des livres, de l'école et de la plupart des polices d'ordinateur. Arrondi et très lisible, il porte bien les harakat. C'est le bon choix pour un texte un peu long, une citation ou un prénom que tout le monde doit pouvoir lire.
Le thuluth
Le thuluth est une écriture monumentale aux hautes hampes, aux lettres souvent entrelacées et aux voyelles fines et allongées. Son nom évoque le « tiers ». On le voit sur les murs des mosquées, les frontispices et les inscriptions sur bois ou sur marbre. Les calligraphes ottomans lui ont donné sa forme actuelle.
Le diwani
Le diwani (divanî) est né à la chancellerie ottomane, d'après Wikipédia aux XVIe et XVIIe siècles. Très serré, chargé de petits ornements et tiré vers la gauche, il est beau mais difficile à déchiffrer. Il sert aujourd'hui aux invitations, aux diplômes et aux pièces décoratives.
La ruqʿa (roqaa)
La ruqʿa est l'écriture manuscrite de tous les jours dans une grande partie du monde arabe : lettres courtes, peu de fioritures, tracé rapide. Wikipédia la décrit comme un style clair et lisible aux lettres courtes et grasses. Elle donne aux prénoms un air naturel, « écrit à la main ».
Le maghribi
L'écriture maghrébine regroupe les styles développés à partir du Xe siècle dans l'Occident musulman : Maghreb, al-Andalus et au-delà. Ses larges courbes et son trait régulier, avec peu de contraste entre pleins et déliés, la rendent facile à reconnaître. Les points du ف et du ق y diffèrent de l'usage oriental : le fa porte son point en dessous, le qaf un seul point au-dessus.
Le nastaliq
Né dans le monde iranien à partir du XIVe siècle, le nastaliq penche vers le bas, mot après mot, avec de forts contrastes de pleins et de déliés. Il est surtout utilisé pour le persan et l'ourdou ; pour un texte arabe, il donne un effet poétique mais se lit moins facilement. Il n'utilise pas la kashida, c'est pourquoi le générateur la désactive avec cette police.
D'où vient la calligraphie arabe ?
Les premiers manuscrits du Coran, à la fin du VIIe siècle, sont écrits dans un style simple appelé hijazi. Le coufique s'impose ensuite dans les corans sur parchemin. Au Xe siècle, le vizir et calligraphe abbasside Ibn Muqla est crédité d'avoir codifié l'écriture cursive : il fixe la taille de chaque lettre à partir de l'alif et du point du calame. Son système devient la base des écritures dites « proportionnées ».
Six écritures cursives sont ensuite tenues pour canoniques : naskh, thuluth, muhaqqaq, rayhani, tawqiʿ et riqaʿ. À partir du XIIe siècle, le papier remplace le parchemin et le coufique recule dans les corans au profit des cursives. Les régions développent leurs propres styles : maghribi à l'ouest, nastaliq dans le monde iranien, diwani chez les Ottomans.
En 2021, l'UNESCO a inscrit « la calligraphie arabe : savoirs, compétences et pratiques » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, à la demande de 16 États arabes, dont le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte et le Liban.
L'outil du calligraphe reste le qalam (calame), un roseau taillé en biseau. L'angle de la taille donne les pleins et les déliés que les polices numériques imitent. Pour aller plus loin dans les formes des lettres, voyez notre page sur l'alphabet arabe : chaque lettre change de forme selon sa place dans le mot.
Comment écrire son nom en calligraphie arabe ?
Pour écrire son nom en calligraphie arabe, il faut d'abord l'écrire correctement en lettres arabes, ce qui n'est pas une traduction mais une transcription : on note les sons. L'arabe n'a pas de lettre pour « p », « v » ou « é », et les voyelles courtes ne s'écrivent pas, sauf avec les harakat. Un même prénom peut donc avoir plusieurs graphies, toutes défendables.
| Prénom | En arabe | Remarque |
|---|---|---|
| Maryam / Myriam | مريم | Graphie unique et très courante. |
| Youssef | يوسف | Le « ou » s'écrit avec و. |
| Sarah | سارة | Finit par un ta marbouta ة. |
| Adam | آدم | Commence par un alif madda آ. |
| Nour | نور | Signifie « lumière ». |
| Karim | كريم | Le « i » long s'écrit ي. |
| Amine | أمين | Alif avec hamza au début. |
| Yasmine | ياسمين | Signifie « jasmin ». |
| Inès | إيناس | Transcription courante d'un prénom d'origine non arabe. |
| Julie | جولي | Le « j » français est rendu par ج. |
Pour un prénom d'origine arabe, la graphie arabe d'origine est la bonne : Mohamed, Mohammed et Muhammad s'écrivent tous محمد. Pour un prénom français, on transcrit la prononciation, ce qui laisse des choix : un « o » peut devenir و ou disparaître, un « e » muet ne s'écrit pas. Tapez votre prénom avec la saisie phonétique, comparez avec une personne qui lit l'arabe, puis corrigez lettre par lettre. Les pages des lettres, comme la ta marbouta ou la hamza, expliquent les cas qui piègent le plus.
Le nom de famille se transcrit de la même manière. Au Maghreb, beaucoup de noms ont déjà une graphie arabe officielle sur l'état civil : reprenez celle-là plutôt qu'une transcription du français.
Kashida et harakat : à quoi servent ces réglages ?
La kashida, ou tatweel (ـ), allonge le trait de liaison entre deux lettres. Les calligraphes s'en servent pour équilibrer une ligne ou mettre un mot en valeur. Wikipédia donne la règle d'usage :
« Une kashida n'apparaît généralement que pour un seul mot par ligne et une seule lettre par mot. »
Le générateur propose donc « Léger » (une kashida par mot, à la dernière liaison possible), « Long » (trois tatweel au même endroit), et « Toutes les liaisons » pour un effet décoratif assumé. Il ne place jamais de kashida après une lettre qui ne se lie pas à la suivante (ا د ذ ر ز و), ni entre lam et alif, pour garder la ligature لا. Le résultat est سـلام au lieu de سلام.
Les harakat sont les petits signes des voyelles courtes : fatha, damma, kasra, soukoune et chadda. Le générateur affiche ceux que vous avez tapés ; décochez « Afficher les harakat » pour les masquer sans les effacer. Pour en ajouter, utilisez le clavier arabe avec harakat, puis collez le texte ici. Une basmala entièrement vocalisée, comme dans l'exemple de la galerie, se lit sans ambiguïté ; un prénom se passe très bien de harakat.
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ
Imprimer, graver ou tatouer une calligraphie arabe : quelles précautions ?
Pour l'impression, choisissez une grande taille avant d'exporter : à 300 points par pouce, une image de 4 096 pixels donne environ 35 cm de large. Pour un tableau, un tee-shirt ou une découpe vinyle, préférez le SVG, qui reste net à toutes les tailles. Le PNG au fond transparent se pose sans rectangle blanc sur une photo, une invitation ou un mug.
Avant un tatouage : faites relire par un arabophone
Un tatouage ne se corrige pas. Avant de le faire, montrez l'image à une ou deux personnes qui lisent l'arabe couramment. Elles vérifieront quatre points que l'on rate souvent :
- L'orthographe : une lettre proche (ح ou خ, س ou ص) change le mot ou le rend absurde.
- Le sens d'écriture : l'arabe se lit de droite à gauche. Une image retournée en miroir, ou des lettres tapées à l'envers, donnent un texte illisible (voir texte arabe inversé).
- Les liaisons : les lettres d'un mot doivent être attachées. Des lettres isolées les unes à côté des autres trahissent un logiciel qui ne gère pas l'arabe.
- Le sens du mot : une traduction automatique peut choisir un mot correct mais déplacé. Demandez ce que le mot évoque vraiment pour un lecteur arabe.
Montrez aussi le modèle à votre tatoueur dans le bon sens et à la bonne taille : les points et les harakat trop petits s'effacent avec le temps. Un style très serré, comme un coufique décoratif, peut devenir illisible une fois réduit sur la peau.
Les images créées sont-elles libres de droits ?
Oui. Les 11 polices du générateur sont publiées sous la SIL Open Font License 1.1 (OFL), une licence libre. Elles sont hébergées sur ce site avec leur licence, téléchargées depuis le dépôt public de Google Fonts. L'OFL encadre la police elle-même ; les images que vous fabriquez avec elle vous appartiennent, et vous pouvez les utiliser pour un usage personnel ou commercial, sans mention obligatoire.
Deux limites restent à votre charge. Le texte doit être le vôtre ou libre : un poème moderne ou un slogan de marque peut être protégé. Et un dessin de calligraphe trouvé sur internet n'est pas libre pour autant : seul ce que vous générez ici l'est.
Envie de reprendre le texte et non l'image ? Le copier-coller arabe donne du texte prêt pour Word, Instagram ou WhatsApp, et les guides écrire en arabe sur Word et sur iPhone expliquent comment taper directement sur vos appareils.
Questions fréquentes
Le générateur de calligraphie arabe est-il gratuit ?
Oui, entièrement, sans inscription ni filigrane. Les images PNG et SVG sont dessinées dans votre navigateur et ne passent par aucun serveur.
Puis-je écrire mon nom en calligraphie arabe si je ne sais pas écrire l'arabe ?
Oui : cochez « Saisie phonétique » et tapez votre nom en lettres latines (par exemple mrym pour مريم). La conversion est lettre par lettre ; faites vérifier le résultat par quelqu'un qui lit l'arabe, surtout pour un tatouage ou un cadeau.
Le générateur traduit-il du français vers l'arabe ?
Non. Il dessine le texte arabe que vous lui donnez. Pour traduire, passez par un traducteur ou une personne arabophone, puis collez le texte arabe dans le générateur.
Pourquoi n'y a-t-il pas de style thuluth ou diwani ?
Parce que nous n'avons trouvé aucune police libre qui les reproduise fidèlement. Plutôt que d'appeler thuluth une police qui n'en est pas, nous proposons Katibeh, un naskh d'affiche avec quelques traits du thuluth, et nous vous conseillons un calligraphe pour une vraie pièce en thuluth ou en diwani.
Comment obtenir une image au fond transparent ?
Cliquez sur « PNG fond transparent », ou cochez « Fond transparent » avant d'exporter. Dans l'aperçu, un damier gris montre les zones transparentes.
Quelle est la différence entre le PNG et le SVG ?
Le PNG est une image en pixels, lue partout, jusqu'à 4 096 pixels de côté. Le SVG est vectoriel : il garde le texte et la police, et s'agrandit sans flou, ce qui convient à l'impression grand format et à la découpe. Quelques logiciels anciens n'affichent pas la police intégrée d'un SVG.
Mes lettres apparaissent séparées : que faire ?
Le générateur lie les lettres automatiquement. Si elles sont séparées, vérifiez qu'il n'y a pas d'espace entre elles et que vous n'avez pas collé des « formes de présentation » isolées venant d'une image ou d'un PDF. Retapez le mot avec le clavier arabe en ligne.
Que fait l'option kashida ?
Elle insère le tatweel ـ pour étirer la liaison entre deux lettres : une fois par mot, trois fois, ou à toutes les liaisons. Elle n'en met jamais après les lettres qui ne se lient pas à gauche, ni entre lam et alif. La police Nastaliq n'a pas de tatweel, l'option est donc sans effet avec elle.
Mon texte et mes images sont-ils envoyés quelque part ?
Non. Le dessin, la conversion phonétique et les exports se font dans votre navigateur. Seuls vos réglages et votre dernier texte sont gardés sur votre appareil (stockage local cea-callig), et vous pouvez les effacer en vidant les données du site.
Puis-je utiliser l'image pour un logo ou un produit à vendre ?
Oui, les polices sous licence OFL le permettent et l'image vous appartient. Vérifiez seulement que le texte lui-même n'est pas protégé, et faites relire l'orthographe avant d'imprimer en série.
Pages liées
Outils — Outils arabes gratuits qui fonctionnent dans votre navigateur, pour écrire, lire et pratiquer l'arabe : ce que fait chacun et comment l'utiliser, sans compte.
Voir aussi :
Sources
- Calligraphie arabe — Wikipédia
- Coufique — Wikipédia
- Naskh — Wikipédia
- Thuluth — Wikipédia
- Écriture maghrébine — Wikipédia
- Ibn Muqla — Wikipédia
- Kashida — Wikipédia
- La calligraphie arabe : savoirs, compétences et pratiques (2021) — UNESCO, patrimoine culturel immatériel
- Polices Amiri, Scheherazade New, Mirza, Katibeh, Reem Kufi, Qahiri, Aref Ruqaa, Rakkas, Gulzar, Lalezar, Marhey (dossier ofl/) — Google Fonts
- SIL Open Font License 1.1 — SIL